Avant les premiers clients, chaque euro dépensé en outils est un euro qui ne sert pas le produit. Chez Dusk Factory, je lance donc mes projets sur une stack qui ne coûte presque rien et qui tourne presque toute seule. Voici laquelle, ce qu’elle coûte vraiment, et ce qu’elle ne fait pas.
La stack en un coup d’œil
| Besoin | Outil | Coût au départ |
|---|---|---|
| Nom de domaine | OVHcloud | ≈ 6 € TTC la première année, ≈ 9,35 € TTC ensuite (.fr) |
| Code et historique des versions | GitHub | Gratuit |
| Hébergement du site et de l’app | Cloudflare Workers | Gratuit jusqu’à 100 000 requêtes par jour |
| Base de données | Cloudflare D1 | Gratuit jusqu’à 5 Go |
| Mise en ligne automatique | Cloudflare + GitHub | Gratuit |
| Trafic venant de Google | Google Search Console | Gratuit |
| Code et design | Claude | Abonnement, une vingtaine d’euros par mois |
| Inspiration visuelle | Dribbble | Gratuit |
| E-mails automatiques (connexion, alertes) | Resend | Gratuit jusqu’à 3 000 e-mails par mois |
| Newsletters et SMS | Brevo | E-mails gratuits jusqu’à 300 par jour, SMS à l’unité |
| Connexion des utilisateurs | Le Worker lui-même | Gratuit (voir plus bas) |
Au total, tant que le produit n’a pas trouvé ses clients : une dizaine d’euros par an pour le domaine, l’abonnement Claude, et les SMS si vous en envoyez. Tout le reste est gratuit.
Le domaine chez OVHcloud
Je veux des adresses en .fr pour mes produits français, et Cloudflare ne vend pas de .fr. Le domaine est donc acheté chez OVHcloud, mais c’est Cloudflare qui le gère au quotidien : dans OVHcloud, j’indique simplement que les réglages du domaine sont confiés à Cloudflare. Ensuite, tout se passe au même endroit, le site comme les adresses e-mail de réception.
Le code sur GitHub, la mise en ligne automatique
Tout le code de chaque projet vit sur GitHub, avec l’historique complet de chaque modification. Le dépôt est relié à Cloudflare : dès qu’une modification arrive sur la version principale, Cloudflare reconstruit et met le site en ligne, en une à deux minutes. Pas de serveur à mettre à jour, pas de fichiers à copier.
Pour tester avant de publier, je mets la modification sur une branche à part et je génère une adresse d’aperçu. Le client voit le résultat en vrai, la production n’a pas bougé.
L’app et la base de données chez Cloudflare
Un Worker Cloudflare, c’est le moteur de l’application : il affiche les pages, reçoit les formulaires, parle à la base de données et envoie les e-mails. Si vous venez de Bubble, c’est l’équivalent de vos workflows côté serveur, sans abonnement mensuel. L’offre gratuite couvre 100 000 requêtes par jour, largement de quoi lancer un produit.
La base de données, D1, est une vraie base de données classique. L’offre gratuite donne 5 Go, 5 millions de lignes lues et 100 000 lignes écrites par jour. Au-delà, l’offre payante démarre à 5 dollars par mois, et ce jour-là, c’est plutôt une bonne nouvelle : il y a du monde.
Le Worker sait aussi lancer des tâches à heure fixe (un récapitulatif envoyé toutes les trois heures, un nettoyage chaque nuit) et recevoir des e-mails : une adresse du domaine peut déclencher une action dans l’app. Encore une fois, sans rien payer de plus.
Qui gère la connexion des utilisateurs ?
C’est la question qu’on me pose le plus, et la réponse surprend : personne d’autre que l’application elle-même. Il n’y a pas de service de connexion payant branché dessus. Dans Bubble, la connexion est fournie par la plateforme. Ici, elle fait partie du code du Worker, comme le reste.
Concrètement, voici ce qui se passe dans mes projets :
- Le lien de connexion par e-mail. L’utilisateur tape son adresse. Le Worker fabrique un lien à usage unique, valable quelques minutes, et Resend l’envoie. Un clic, et la personne est connectée. Le compte est même créé au premier clic : pas de formulaire d’inscription.
- Le mot de passe, quand il en faut un. Il n’est jamais enregistré tel quel : la base ne garde qu’une empreinte brouillée, impossible à retourner. Même avec un accès à la base, on ne peut pas lire les mots de passe.
- La session. Une fois connecté, le navigateur garde un petit badge (un cookie) signé par l’application. À chaque page, le Worker vérifie la signature : un badge falsifié ou expiré est refusé. Selon le projet, la session est aussi enregistrée dans la base, ce qui permet de déconnecter quelqu’un à distance.
L’avantage : zéro abonnement, zéro dépendance, et les données des utilisateurs restent dans votre base. La contrepartie : la sécurité est sous notre responsabilité, donc testée comme le reste. Le jour où un client exige une connexion d’entreprise ou « se connecter avec Google », on ajoute la brique nécessaire, pas avant.
Les e-mails et les SMS : Resend et Brevo
Deux outils, deux usages :
- Resend envoie les e-mails déclenchés par l’app : lien de connexion, confirmation, alerte. Gratuit jusqu’à 3 000 e-mails par mois, avec un plafond de 100 par jour.
- Brevo sert aux envois groupés (newsletters, relances) et aux SMS. Les e-mails sont gratuits jusqu’à 300 par jour. Les SMS, eux, se paient à l’unité, autour de 4 à 5 centimes l’envoi vers la France.
Séparer les deux protège l’essentiel : une newsletter qui part mal ne doit jamais empêcher un client de recevoir son lien de connexion.
Claude pour le code et le design, Dribbble pour l’inspiration
C’est le seul vrai poste de dépense, et celui qui change tout. Claude écrit le code, propose les écrans, rédige les tests. Mon travail à moi, c’est de décider quoi construire, de vérifier ce qui est livré et d’en répondre. L’IA écrit vite ; le jugement reste humain.
Pour le design, je pars d’inspirations trouvées sur Dribbble, puis Claude les adapte à l’identité du produit. Pas de licence de logiciel de design à payer pour démarrer.
Le trafic avec Google Search Console
Search Console montre comment les gens arrivent depuis Google : les recherches tapées, les clics, la position de chaque page, et les erreurs que Google rencontre sur le site. C’est gratuit, et c’est l’outil qui dit si le produit est trouvé.
Attention, il ne compte que les visites venant de Google. Pour mesurer l’ensemble des visites, il faut un outil de statistiques en plus.
Presque automatique, vraiment
Une fois en place, cette stack tourne sans moi : les mises en ligne se font à chaque modification, les tâches planifiées tournent seules, les e-mails partent, et rien n’est à mettre à jour côté serveur. Je garde une règle : après chaque mise en ligne, je vérifie que la nouvelle version est bien là. Une fois, la mise en ligne automatique ne s’est pas déclenchée, et un contrôle de trente secondes l’a vu tout de suite.
Les limites, honnêtement
- Les offres gratuites changent. Cloudflare bloque désormais les requêtes de base de données au-delà des quotas gratuits, au lieu de simplement les signaler. Je surveille les chiffres dès que l’usage décolle.
- 100 e-mails automatiques par jour chez Resend en gratuit : suffisant pour démarrer, pas pour une base de plusieurs milliers d’utilisateurs actifs.
- Tout repose sur Cloudflare. C’est un choix assumé : un seul compte, un seul endroit, moins de pièces qui peuvent casser.
- La connexion maison demande de la rigueur : elle est simple, mais c’est à nous de la tenir.
Le principe reste le même : pas de dépense avant les premiers clients, puis on paie ce qui sert vraiment, au moment où ça sert.
Mis à jour en novembre 2026. Les tarifs évoluent : vérifiez-les chez chaque service.
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